J'ai commencé ce texte il y a un moment, et ça fait longtemps que je ne l'ai pas avancé...
Camille venait d’arriver à Cauterets, un petit village des Pyrénées. A 14 ans, il était déjà excellent en escalade et en randonnée. Il adorait la nature, les plantes, les animaux, les paysages…
Ayant une réputation de grand randonneur et d’excellent grimpeur, il avait été chargé d’une mission par la Mairie du village : il devait remettre en bon fonctionnement un chemin de randonnée qui avait subit un éboulement suite à une tempête. Pour cela, il lui fallait une semaine complète. Interdit au public, le chemin était dangereux et la mairie avait payé à Camille l’équipement adéquat : couvertures de survies, pharmacie, cordes très solides , pythons, vivres pour plusieurs jours… Il était donc très à l’aise pour partir.
Il avait fait une formation de sauvetage en montagne, et avait d’ailleurs sauvé un an plus tôt un couple de jeunes personnes qui avait été pris dans la tempête, et qui s’était retrouvés bloqués dans une grotte, près du « Monte Perdido ». Il était donc déjà connu dans les environs.
Laetitia, Marie, Déborah, Marine, Aurélie, Jennifer et Manon étaient toutes les sept des scouts, prises en charge avec une trentaine d’autres filles scouts, par le père Simon.
Elles étaient inséparables. Elles faisaient tout ensembles, et campaient dans la même tente.
Laetitia était la plus dynamique de toutes. Elle n’était jamais fatiguée et rêvait toujours de monter l’Everest.
Marie était la boussole vivante. Elle se repérait parfaitement, ne se perdait jamais.
Déborah était la plus sage. Quand il y avait la moindre dispute, elle essayait de la calmer, détendait l’atmosphère.
Marine était la plus forte. Quand il fallait aider le père Simon à porter quelque chose, c’était toujours elle qui se désignait.
Aurélie ne respectait jamais les règles. Elle allait se promener toute seule dans la forêt, alors que le père Simon l’interdisait, ce qui lui causait parfois quelques problèmes.
Jennifer avait peur de tout. La nuit, elle ne pouvait même pas sortir le bout du nez de la tente sans qu’il y ait une de ses amies avec elle.
Manon, enfin, avait toujours avec elle sa collection des vingt-trois livres des sept compagnons, et pensait qu’elle et ses six amies étaient les sept compagnons de ses livres. Elle passait ses journées à les lire.
Le père Simon avait été chargé de parcourir tous les villages des environs pour recruter de nouvelles scouts, et les scouts de son camp les y aidaient.
Et ils y parvenaient bien, car au départ il n’avait à sa charge qu’une dizaine de scouts, les sept compagnons en faisaient partie, et après quatre villages, il en avait presque quarante !
Les sept compagnons étaient des scouts expérimentées car elles avaient déjà campé pendant un mois avec d’autres scouts et un autre prêtre.
Ce matin-là, le père Simon décida de monter avec les scouts le mont Vignemale culminant à 2478 mètres. Celui-ci n’était pas difficile mais par-contre très beau, et comme le temps était idéal, il fallait en profiter. Le père Simon comptait le faire en quatre jours.
Ils commencèrent donc leur grimpette en chantant , ce qui était la coutume chez les scouts. Les sept compagnons adoraient grimper comme cela, découvrir de nouveaux paysages.
Aurélie, toujours dissipée, au lieu de chanter la prière habituelle, chantait « Je t’aime » de Lara Fabian. Etant donné qu’une quarantaine de scouts chantait la prière, le père Simon ne s’en rendit pas compte. Sauf qu’Aurélie était la dernière, et que quand le père Simon fit arrêter tout le monde, « je t’aime, je t’aime, comme un fou, comme un soldat... » « qu’est-ce que c’est que ça ? » « comme une star de cinéma » « Aurélie !!! arrête ça immédiatement ! » « mais... » « il n’y a pas de mais ! premièrement , tu ne chante la prière ; deuxièmement, tu chantes une chanson d’amour ; troisièmement, tu ne t’arrêtes pas quand je parle » « mais » « et quatrièmement tu me réponds ! Cette fois c’est trop ! » Il la prend par le bras, l’emmène à l’écart là où les autres ne la verront pas, lui donne deux gifles, lui dit que si elle pleure, ou qu’elle se plaint, deux autres gifles suivront. « Qu’est-ce qu’il t’a fait ?»